Octobre 1989 – Ouverture de la première Maîtrise de Sciences et Techniques dédiée à l’archéologie préventive en France

Archéologues tourangeaux réunis pour l’exposition « Tours antique et médiéval. Quarante ans de recherches archéologiques » au Château de Tours (13 octobre 2006 – 18 mars 2007). De gauche à droite : Cécile BEBIEN, Jean-Philippe CHIMIER, Frédéric POUPON, Xavier RODIER, Christian THEUREAU, Thierry MORIN, Anne-Marie JOUQUAND, Patrick BORDEAUX, Henri GALINIE, Pierre CATEL, Elisabeth LORANS, Philippe HUSI, XX, Françoise YVERNAULT, Agnès COUDERC, Olivier COTTE, Alain IRLANDES.

 

A la rentrée universitaire 1989, l’Université de Tours a innové en ouvrant la première Maîtrise de Sciences et Techniques (MST) dédiée à l’archéologie préventive en France. Alors que l’archéologie dite de sauvetage connaissait une forte croissance dans les années 1980, la MST d’archéologie préventive de l’Université de Tours est venue répondre au besoin de formation en anticipant les débouchés offerts par la professionnalisation qui eut lieu dans la décennie suivante au sein de l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN), avant d’aboutir à la création de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap) en 2002. Avec la MST d’archéologie préventive de Tours, transformée ensuite pour s’inscrire dans le dispositif LMD qui existe aujourd’hui (licence, master et doctorat d’archéologie), ce sont environ 500 archéologues qui ont été formés depuis 1989, dont la plupart font aujourd’hui partie des cadres de la profession dans les universités, au CNRS, à l’Inrap, dans les collectivités territoriales et chez les opérateurs privés d’archéologie préventive.

Depuis son origine, la formation d’archéologie de Tours est fondée sur deux piliers : la pratique du terrain et la méthodologie. Elle est indissociable du Laboratoire Archéologie et Territoires (LAT), créé en 1992 comme Unité Propre de Recherche du CNRS, puis transformé en Unité Mixte de Recherche en 1994 avec le soutien des historiens médiévistes Bernard CHEVALIER et Monique BOURIN. La formation a d’ailleurs rejoint le département d’Histoire de l’UFR Arts et Sciences humaines, devenu alors « Département d’Histoire et Archéologie ». Le LAT a intégré le Laboratoire d’Archéologie Urbaine de Tours (LAUT) qui, sous forme associative avec le soutien de la Ville depuis 1973, a proposé l’un des tout premiers programmes d’archéologie urbaine en France.

Le rôle pionnier de la ville de Tours s’est confirmé avec le colloque fondateur d’Archéologie urbaine qui s’est tenu à l’Hôtel de Ville en 1980, suivi de la création du Centre National d’Archéologie Urbaine (CNAU) par le ministère de la Culture hébergé au Logis des Gouverneurs (château de Tours) jusqu’en 2016. En 2004, les UMR LAT et URBAMA (Urbanisation du monde arabe) avec l’équipe VST (Villes, Sociétés, Territoires), ont fondé l’UMR CITERES (unité mixte de recherche de l’université de Tours et du CNRS, Cités, Territoires, Environnement et Sociétés). Elles ont également conjointement contribué à la création de la Maison des Sciences de la Ville (MSV), aujourd’hui Maison de Sciences de l’Homme Val de Loire (cf. date « 5 mars 2003 »).

L’originalité de la formation d’archéologie de l’université de Tours repose sur l’adéquation entre enseignement et recherche telle que l’ont pensée ses fondateurs, Alain FERDIERE (professeur d’Antiquité nationale), Henri GALINIE (directeur de recherche au CNRS, spécialiste en archéologie urbaine) et Elisabeth ZADORA-RIO (directrice de recherche au CNRS, spécialiste en archéologie des campagnes médiévales). La transmission rapide des résultats de la recherche dans la formation permet de répondre aux exigences d’une discipline intégrant constamment de nouveaux outils et de nouvelles méthodes dans une large interdisciplinarité. L’utilisation de l’informatique en archéologie a ainsi été intégrée à la formation dès 1989 pour donner lieu à ce que l’on appelle aujourd’hui l’Archéomatique et qui assure une réputation internationale à cette dynamique tourangelle. C’est dans cette logique que le parcours « Métiers de l’archéologie et Archéomatique » a contribué à la création en 2018 de l’Ecole Supérieure en Intelligence des Patrimoines (ESIPAT) au CESR (cf. date « 3 septembre 2018 »).

Alix SALLE, « Comment devenir archéologue, les études d’archéologie à l’Université de Tours », revue Archeologia, Numéro 256, avril 1990, pp 56-59

 

Les étudiants de la MST d’Archéologie préventive sur le chantier-école du cimetière de Rigny-Ussé en 1992

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