13 Novembre 1990 – Lancement du Groupement d’Intérêt public GIP Ultrasons

Dès la mise en place du Laboratoire de Biophysique Médicale (LBM) de la Faculté de médecine par Mme le Pr Thérèse PLANIOL, il est apparu essentiel d’avoir une forte activité de Génie biologique et médical (GBM) et de coopérer avec des équipes universitaires et industrielles. Progressivement le LBM va acquérir de remarquables compétences dans les matériaux piézo-électriques, les capteurs, l’imagerie, la technologie, l’électronique, les microbulles, et les applications cliniques chez l’homme et l’animal.
Le Ministère de la recherche n’existait pas encore : il était structuré en Délégation à la Recherche Scientifique et Technique DGRST qui gérait des appels à propositions de projets de recherche technologique et de coopération industrie-recherche. Léandre POURCELOT a rapidement fait partie du comité de sélection des projets à visée biomédicale.
 
 1968 – Delalande Electronique
La relation du LBM avec l’industrie a commencé dès 1968 avec la création de la Société Delalande Electronique pour commercialiser avec succès l’appareil à effet Doppler ultrasonore développé par Léandre POURCELOT pour sa thèse de docteur-ingénieur (INSA Lyon 1967). En 1973, suite au premier choc pétrolier, DELALANDE a souhaité cédé son activité commerciale à la société American Hospital Supply. Deux sociétés (Mira électronique à Lyon et DMS à Montpellier) sont alors créées par d’anciens ingénieurs et techniciens de DELALANDE Electronique pour poursuivre la production des appareils à effet Doppler.
 1984 – Vermon SA
En 1979 lorsque le projet d’échographe spatial a été lancé, le LBM a été responsable de la fabrication du prototype d’échographe ainsi que des sondes d’échographie au standard spatial. Après le vol de Jean-Loup CHRETIEN en juin 1982, un marché des capteurs Doppler et des sondes ultrasonores s’est ouvert naturellement. Ce fut l’occasion de créer en 1984, au sein du LBM, la société Vermon SA pour produire en série les sondes destinées aux appareils Doppler et aux échographes. Cette société installée à Tours est toujours active et compte 220 employés. Elle vient de créer une structure aux USA (Vermon NDT). Une partie de Vermon a migré en 1989 à proximité de Besançon sous le nom d’Imasonic (110 employés). Les deux sociétés (Vermon et Imasonic) couvrent environ 10% du marché mondial des sondes d’échographies.
 1991 – Spincontrol
Spincontrol a pour but de développer les moyens de contrôle de l’efficacité de produits cosmétiques. La création de cette société a été soutenue par des aides du pôle GBM de la Région Centre mis en place et coordonné par Léandre POURCELOT. Elle a également bénéficié de la mise à disposition d’échographie à haute résolution pour l’exploration du tissu cutané dans le service de médecine nucléaire et ultrasons du CHU Bretonneau. Spincontrol compte actuellement 120 employés en France, Canada, Thaïlande, Inde et Indonésie et dispose d’un panel multiculturel, pour les tests, de plus de 30 000 volontaires dans le monde.
 1990 – Groupement d’Intérêt Public (GIP) Ultrasons
Les relations avec l’industrie augmentant de plus en plus au sein du LBM, il a été jugé nécessaire de créer une structure de gestion des contrats et des bourses plus adaptée qu’une simple association loi 1901. Avec l’appui de la Déléguée régionale à la recherche et à la technologie (Geneviève TERRIERE), il a été décidé de solliciter la création d’un Groupement d’Intérêt Public GIP Ultrasons.
La création, pour une période initiale de 4 ans, a eu lieu en 1990, avec des renouvellements aisément obtenus en 1994, 1998 et 2002. Ce GIP a été rattaché successivement au Ministère de la recherche puis au Ministère de l’industrie. Un Commissaire du gouvernement et un Contrôleur d’Etat siégeaient au Conseil d’administration, lequel était toujours présidé par le Directeur du CEA de Monts (37). Léandre POURCELOT en était le Directeur et disposait d’un(e) secrétaire général et d’une comptable à temps partiels.
Le GIP avait une autonomie lui permettant de fonctionner en régime privé après la validation du programme scientifique et technique et du budget prévisionnel par la Conseil d’administration. Les partenaires pouvaient varier à chaque renouvellement. Chacun disposait d’un droit de vote proportionnel à ses engagements envers le GIP. Parmi les partenaires publics on peut citer : l’Université de Tours, le Conseil Régional, le Conseil Général 37, la Ville de Tours, le CHU de Tours, le CEA du Ripault. Parmi les partenaires privés : le CNES, l’Institut de Recherche Pierre Fabre, Vermon SA, Matra, Interelec, Ultrasons Technologies, Faure Herman, …
 
Les activités du GIP Ultrasons avaient trois grands objectifs :
– effectuer une recherche fondamentale et technologique de haut niveau. La propriété intellectuelle, le transfert et l’incubation y seront des secteurs privilégiés. Ceci a permis la création d’une équipe associée au CNRS (le Laboratoire Ultrasons Systèmes et Instrumentation LUSSI CNRS FRE 2448) et le soutien au développement de structures de recherche associées à l’Université de Tours, au CHU, à l’IUT de Blois et à l’Ecole nationale d’ingénieurs du Val de Loire ENIVL.
– accueillir des thésards et des stagiaires.
– gérer entre 25 et 30 contrats en moyenne par an (recherche fondamentale et technologique, coopération avec l’industrie, prototypage, conventions CIFRE de formation des ingénieurs par la recherche, …).
Le bilan (incomplet) de la période 1990-2006 est éloquent :
– plus de 60 thèses de sciences soutenues.
– 11 contrats de recherche européens et 9 contrats avec l’ESA (Agence Spatiale Européenne)
– plus de 130 contrats recherche-industrie : Matra, Aérospatiale, Boeing, GE, Hitachi, EsaOte,  Ferroperm, Cetim-Framatome, STMicroelectronics, Peugeot, Pierre Fabre, SNCF, Schlumberger, …
– le transfert d’appareils pour leur commercialisation : échographe haute résolution avec Atys médical, Lyon, ostéo-densitomètre ultrasonore avec DMS, Montpellier, …
– un budget consolidé annuel moyen de 1,6 M€,
– la création de 3 entreprises citées ci-dessous, ainsi que du Centre d’Innovation Technologique CIT Ultrasons au CHRU de Tours (qui évoluera ensuite en CIC-IT ultrasons/radio-pharmaceutiques) :

1997 – Ultrasons Technologies (8 employés) créé par d’anciens thésards du GIP. Son but était la fabrication de dispositifs à ultrasons pour la médecine, le spatial et l’industrie en étroite collaboration avec les chercheurs du GIP. A l’arrêt du GIP Ultrasons, souhaité par l’Université en 2006, elle sera rattachée au SAIC de l’Université de Tours sous le nom d’Althaïs (l’arrêt du GIP lui sera malheureusement fatal …).
 2004 – Transderma systems (3 à 5   employés) créé par d’anciens thésards du GIP, intégrée à la Faculté de Pharmacie de Tours, membre de la Cosmetic Valley. Elle s’est spécialisée au départ dans la délivrance de molécules par voie transdermique grâce aux ultrasons. Désormais elle accompagne les marques de cosmétique pour développer et valider des tests sur le cheveu et la peau. (Prix du concours national de création d’entreprises en 2002 et 2004, intégration dans l’Incubateur Région Centre en 2004,).
 2014 – RheaWave (6 employés) crée par l’ancienne secrétaire générale du GIP, ingénieure biomédicale. La spécialité de cette société est la rhéologie acoustique non destructive et sans contact pat ultrasons. (Top Entreprise 2015 innovation de la Nouvelle République, lauréate du Réseau Entreprendre Val de Loire, lauréate en juin 2014 du Concours i-LAB Créa-Dév, distinguée par un des cinq Grands Prix du jury national, lauréate du Réseau Entreprendre Val de Loire).
2002 – CIC-IT Ultrasons/Radiopharmaceutiques (Centre d’Investigations Cliniques et d’Innovations Technologiques) au CHRU de Tours. Cette structure reconnue par le Ministère de la santé, le Ministère de la recherche et l’Inserm a pour but l’évaluation médicale de nouvelles techniques ultrasonores et de radio pharmaceutiques. Le CIC-IT travaille en étroite collaboration avec les chercheurs du GIP/LBM, les médecins et les industriels.
 
La conclusion s’impose d’elle-même : l’activité de recherche et de transfert du GIP Ultrasons a été un puissant moteur pour la recherche, la création d’entreprise, la création d’emplois directs et indirects (sous-traitance) et le développement d’équipes sur les sites de Tours et de Blois.

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