17 novembre 1962 – Le recteur de l’académie de Poitiers déplore l’autonomie progressive des formations de Tours

La rentrée solennelle du 17 novembre 1962 était l’occasion pour Jean BLAIZOT, recteur de l’académie de Poitiers, d’énoncer :

L’an dernier, à pareille date, la Séance Solennelle de Rentrée de notre Université donnait à son Recteur, encore bien novice, l’occasion de marquer une étape dans la vie de cette institution vénérable […] On venait de nous annoncer la création de l’Académie d’ORLEANS ; les Etablissements d’Enseignement Supérieur de TOURS sortaient du giron poitevin et certains d’entre nous ressentaient douloureusement ce qu’ils nommaient une amputation. […] Au reste, l’Administration supérieure a maintenu, comme nous le souhaitions, des relations organiques entre les Facultés de Poitiers et les Collèges Universitaires de Tours qui restent placés sous leur tutelle pédagogique et scientifique. Seule la nouvelle Faculté de Médecine et de Pharmacie tourangelle bénéficie d’une totale autonomie […]

L’analyse des rapports annuels montre que, par exemple, les effectifs étudiants à Poitiers apparaissent très faible en pharmacie (ce qui alimente les projets de fermeture localement de cette filière) : 280 étudiants en médecine, mais seulement 48 en pharmacie (15 présents à l’examen de fin de stage, seulement 8 présents en 1ère année, 7 en 2ème A, 6 en 3ème A). Comparativement, la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tours comprend la même année 526 étudiants en médecine, 176 en pharmacie (42 en stage, 60 en 1ère A, 28 en 2ème A, 27en 3ème A, 19 en 4ème A).

Ce même Rapport concernant l’année universitaire 1961-1962 montre que l’Ecole de Droit implantée Boulevard Béranger (actuelle Villa Rabelais) à Tours restait rattachée à la Faculté de Droit de Poitiers. Dirigée par H. JANEAU, elle accueillait alors 138 étudiants de licence et 137 étudiants de capacité.

Le Collège Scientifique Universitaire (CSU) de Tours (Directeur R. THOMASSIN) implanté dans des préfabriqués Boulevard Tonnellé au sein de la nouvelle Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie du fait de la création de l’Académie d’Orléans, […] dépend maintenant du Conseil des Etablissements d’Enseignement Supérieur de cette Académie (décret du 29 décembre 1961). Il conserve toutefois son statut d’institut d’Université et reste placé, comme l’avait unanimement demandé l’ensemble du Corps Enseignant, sous la tutelle scientifique de la Faculté des Sciences de Poitiers (Arrêté du 3 Avril 1962). Il y était accueilli seulement les étudiants en propédeutique (l’année après le baccalauréat). Les effectifs s’élevaient à 211 inscrits répartis dans trois sections auxquels s’ajoutaient 202 candidats à la première année de Médecine.

Le Collège Littéraire Universitaire (CLU) de Tours (Directeur J. BIZET), implanté Rue de la Grandière, rassemblait 318 étudiants auxquels s’ajoutaient 90 étudiants étrangers régulièrement inscrits à l’Institut de Touraine et ayant suivi les cours propédeutiques du Collège. Le CLU restait encore sous la tutelle scientifique et pédagogique de la Faculté des Lettres de Poitiers.

Que de changements depuis !

Les 1961-1962 marquent donc le début de la séparation de Tours d’avec Poitiers : année cruciale pour ce qui allait devenir plus tard l’Université de Tours. Année cruciale rappelons le aussi, avec, pour notre pays, la fin de la guerre d’Algérie qui maintenait si longtemps sous les drapeaux nos jeunes étudiants. S’ouvrait une période de croissance pour notre économie avec un financement accru de la recherche scientifique et la construction de locaux à même d’accueillir rapatriés d’Algérie et boom des naissances d’après guerre.

Avant 1968…

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