Juin 1985 – Création d’un DEA commun aux universités de Tours et Orléans : un rapprochement fondateur

La création de la Région Centre débuta d’emblée par une polémique : quelle serait la capitale, Orléans ou Tours ?

L’on sait que c’est sous la houlette du Recteur Gérald ANTOINE que fut créée en 1962 l’Académie d’Orléans-Tours comportant : Médecine-Pharmacie et Lettres à Tours, Sciences et Droit à Orléans. C’était une révolution. Jusqu’alors les Orléanais étaient rattachés au Rectorat de Paris alors que tourangeaux dépendaient de la vieille Université de Poitiers pour tout ce qui touche les Lettres, les Sciences et le Droit, tandis que pour les disciplines médicales et pharmaceutiques, les examens terminaux se réalisaient à la toute puissante Université de Paris. Les années passant, l’accueil d’importantes équipes du CNRS à Orléans avec la création par SADRON du CBM (Centre de Biophysique Moléculaire) furent le point de départ d’un essor scientifique sans précédent à Orléans. Parallèlement à Tours, fort de son CHU,  un très important Centre INRA, axé sur le domaine animal, fut créé ab initio au Domaine de l’Orfrasière à Nouzilly près de Tours, en 1966. Au sein de la Région Centre se sont donc développées deux Universités, Orléans et Tours, à l’origine bien souvent concurrentes, du moins dans les esprits.

1985, l’année charnière

Avant la réforme européenne qu’est le LMD (Licence, Master, Doctorat), le DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies accessible à Bac+5 après sélection) était le diplôme de sélection pour la thèse. Dans le domaine des sciences de la vie, la question du devenir du DEA dont J -C CHENIEUX était responsable à Tours s’est posée lors de son renouvellement en 1985. S’y retrouvaient  des équipes de recherche de l’université comme de l’INRA ainsi que du secteur privé. Quelle stratégie adopter ? Continuer confortablement ou voir plus large ?

Une réunion fut organisée au CBM d’Orléans où quelques rares tourangeaux se rendirent avec circonspection. Très vite la complémentarité des approches apparut évidente : fondamentale à Orléans, plus appliquée à Tours. Une synergie devait en résulter pour la formation des étudiants à Bac+5, avec la création d’un DEA de biophysicochimie, biologie cellulaire et moléculaire. On trouvera ci-joint la première affiche jaunie de la Formation Doctorale habilitée qui en découla. Celle-ci, renouvelée régulièrement,  fût un succès montré en exemple sur le plan national.

Les universitaires tourangeaux apprirent à connaître et à apprécier Michel MONSIGNY et Bernard DURAND responsables des deux anciens DEA scientifiques d’Orléans ainsi que les collègues du Centre de Biophysique Moléculaire du CNRS. Les responsables d’équipes de recherche se retrouvaient périodiquement pour élaborer les programmes, préparer les demandes d’allocations doctorales, répondre aux enquêtes, rédiger les comptes-rendus d’activité et les demandes d’agrément. C’est là que se sont établis des liens très forts tant scientifiques qu’amicaux entre les chercheurs d’Orléans et de Tours dans un strict équilibre entre les deux universités et un respect réciproque. Il faut dire que Tours avait une arme secrète : certaines visites de caves en Chinonais, à l’issue de conseils de la formation doctorale, jouèrent aussi leur rôle en décrispant le choix toujours délicat du partage des allocations de recherche du Ministère. C’est sur cet humus que fût créée le 10 mai 1988 l’association Biotechnocentre…

Mais, comme dirait KIPLING, ceci est une autre histoire… à retrouver ici.

Le journée du Jeudi 8 Juin 2000 à St Médard rapproche Orléans et Tours

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