24 mai 2018 – Inauguration de l’exposition Sculpturoscope

Le 24 mai 2018 fut inaugurée l’exposition Sculpturoscope, la Vierge à l’Enfant du réel au virtuel au musée des beaux-arts de Tours, qui s’est achevée en septembre 2018. Cette manifestation était la première d’un genre particulier pour le musée, car elle constituait un volet important d’un programme de recherche financé par la région Centre Val de Loire (SCULPTURE3D, APR-IR 2014-2018).

photo de gauche : Affiche de l’exposition (fig. 1a) / photo de droite : Entrée du musée des Beaux-Arts de Tours (fig. 1b)

Depuis plusieurs années, la recherche sur projet financé (ANR, APR…) offre de nouvelles modalités de collaboration entre chercheurs. Elle permet aussi de développer des rapports différents entre enseignants-chercheurs et étudiants notamment en Master et en Doctorat. Ces échanges à la fois plus simples et variés apportent beaucoup à chacun des partenaires et participent à la transformation pédagogique, un aspect que nous souhaitons souligner ici.

photo de gauche : Figure 2 / photo de droite : figure 3a, 3b, 3c

SCULPTURE3D est un projet de recherche entre deux laboratoires de l’université de Tours, le Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance (CESR) et le Laboratoire d’Informatique Fondamentale et Appliquée de Tours (LIFAT), qui s’est enrichi en cours de développement par la collaboration d’Iliad3, tout nouveau Centre d’Expertise et de Transfert de l’Université (CETU) de l’université de Tours. L’ambition du projet était de travailler avec une synergie étroite entre chercheurs en histoire de l’art et en informatique pour étudier ce que les restitutions 3D virtuelles et imprimées peuvent apporter à l’étude, la connaissance et la valorisation de la sculpture de la Renaissance en région Centre-Val de Loire (Fig. 2). Au cœur du projet l’exposition Sculpturoscope, la Vierge à l’Enfant du réel au virtuel, qui s’est tenue au musée des Beaux-Arts de Tours de mai à septembre 2018, a été l’occasion de proposer une lecture inédite d’un ensemble de groupes sculptés emblématiques du début de la Renaissance en Val de Loire grâce à des interfaces spécifiquement créées. Trois sculptures de la Vierge à l’Enfant et un corpus total de huit statues scannées ont été étudiées et présentées sous toutes leurs faces grâce au numérique (Fig. 3 a, b, c et d). L’exposition a notamment donné lieu à des contributions fructueuses et novatrices de la part d’étudiants de la Licence au Doctorat que l’on peut illustrer par trois exemples significatifs. 

Figure 4

Dans la phase de préparation, Charlotte FUCHS, alors doctorante en histoire (CESR), a conçu une maquette virtuelle en 3D afin de penser la muséographie et ses variations. La confrontation d’une des salles de la maquette avec une des salles du musée des Beaux-Arts (Fig. 4) est troublante par la ressemblance entre les deux réalités et permet de mesurer combien l’outil 3D ainsi utilisé a été essentiel pour faciliter la mise en place de l’exposition.

Figure 5

Figure 6

Saliha EL-HAMMOUTI est une autre étudiante qui a largement déployé son savoir-faire au service de SCULPTURE3D. Formée en histoire et en histoire de l’art, elle a réalisé son stage au sein du projet dans le cadre de son Master 2 en Patrimoine Culturel Immatériel (CESR) et, dans l’élan du projet, elle a créé son auto-entreprise (Agence Kulturae’Com). Elle a ainsi pu suivre les équipes de chercheurs pendant quatre mois sur le terrain, pour élaborer un site Internet dédié au projet (actuellement en cours de migration sur Renaissance Transmedia Lab), réaliser un film sur la technique du sgrafitto avec une autre étudiante de la promotion et des étudiantes en restauration de sculpture de l’école des Beaux-Arts de Tours (TALM-Tours) (Fig. 5), et enfin, elle a réalisé des teasers (Fig. 6) ainsi qu’une mini série vidéo sur différents aspects du projet. Lors de l’exposition elle-même, ces vidéos étaient accessibles grâce à des QRcodes dans les salles et diffusées dans une pièce adjacente permettant d’éclairer le projet et d’en livrer les coulisses au grand public (Fig. 7).

Figure 7

L’exposition Sculpturoscope elle-même a encore été l’occasion d’une formation-création avec neuf étudiantes en Licence 3 du département d’histoire de l’art de l’UFR Arts et Sciences humaines de l’université de Tours. Dans le cadre d’un cours d’application associé à un stage, elles ont été formées au projet et à son volet de médiation par une professeure en histoire de l’art, un conservateur et l’équipe de médiation du musée, puis elles ont assuré l’accompagnement des publics dans les salles à l’ouverture de l’exposition (Fig. 8). Dans ce cadre, elles ont été force de proposition, créant des parcours pour différents publics et sous différentes formes, de la visite accompagnée aux visites thématiques, certaines sous des formats très courts et efficaces (Fig. 9).

Photo de gauche : Figure 8 / photo de droite : Figure 9

SCULPTURE3D et en son sein Sculpturoscope ont été des terrains de collaboration précieux entre disciplines en sciences humaines et en sciences de l’informatique, entre laboratoires de recherche de l’Université, mais aussi avec les institutions patrimoniales partenaires, et entre enseignants-chercheurs et étudiants. Ces nouvelles modalités d’apprentissage innovantes et collaboratives se développent au sein d’autres projets de recherches. Elles peuvent également depuis 2018 bénéficier des moyens des Fac’Labs du projet NewTeAch qui accompagnent enseignants-chercheurs et étudiants dans la co-construction de ressources numériques.

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