16 novembre 2010 – Inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO


Depuis près de vingt ans, l’université de Tours a choisi de faire de l’étude de l’alimentation par les sciences humaines et sociales l’un des axes forts de sa politique de recherche et de son identité scientifique. Pour se positionner comme un pôle d’excellence européen sur ce thème, l’université s’appuie sur l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (IEHCA), créé en 2002 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’IEHCA est une agence de développement scientifique qui œuvre à encourager la recherche et la formation universitaires dédiées aux Food Studies. L’ensemble des actions de l’IEHCA est mis au service de la reconnaissance de l’importance culturelle des savoirs et savoir-faire culinaires. À cette fin, l’IEHCA a initié et porté l’inscription du Repas gastronomique des Français sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Un projet longuement mûri
L’idée d’une candidature en vue de l’inscription par l’UNESCO d’un élément de notre patrimoine alimentaire est née au sein de l’IEHCA dès la ratification par la France, en octobre 2006, de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La candidature a été portée avec succès pour le compte de l’État français par la Mission Française du Patrimoine et des Cultures Alimentaires (MFPCA). Le 16 novembre 2010, l’UNESCO permettait au repas gastronomique des Français de faire son entrée au panthéon des plus belles créations du génie humain. À travers cette inscription, c’est la gastronomie et l’art culinaire qui sont reconnus en tant que patrimoine culturel. D’autres pratiques relevant du champ de l’alimentation ont depuis rejoint le repas gastronomique des Français. Citons, entre autres : les traditions culinaires des Japonais (le washoku, en 2013), la préparation et partage du kimchi en République de Corée (le kimjang, en 2013), la culture de la bière en Belgique (2016), le nsima, une tradition culinaire du Malawi (en 2017)… La MFPCA a la charge du plan de gestion qui découle de l’inscription du repas gastronomique des Français. La ville de Tours s’est ainsi vu octroyer le label « Cité de la gastronomie » dans le cadre d’un réseau des cités de la gastronomie comprenant également Dijon, Lyon et Rungis. Parmi les initiatives qui en découlent, figure la mise en place de la Villa Rabelais, pensée comme une maison des cultures gastronomiques, dont la gestion a été confiée à l’université de Tours et à l’IEHCA.

photo de droite : Convention UNESCO 16 novembre 2010

Le repas gastronomique des Français
Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie (naissances, mariages, anniversaires, succès, retrouvailles). C’est aussi cette « bonne bouffe entre amis » magnifiquement illustrée par les fameux banquets d’Astérix et Obélix. C’est un repas festif au cours duquel les convives s’adonnent à « l’art de bien manger et de bien boire ». Cette pratique se transmet et évolue en permanence. C’est une pratique sociale qui célèbre le bien-être ensemble, l’attention à l’autre, le partage autour du plaisir du goût, l’équilibre entre l’être humain et les productions de la nature. Le repas induit des rites parmi lesquels la recherche de bons produits, une référence aux corpus de recettes codifiées, des savoir-faire culinaires, une esthétisation de la table, la succession des services, le mariage des mets et des vins, les innombrables conversations qui les accompagnent.

En haut de gauche à droite : Raymond CHARRESSON, maire de Rungis (toujours en poste), Guillaume GAROT, ministre délégué à l’agroalimentaire (aujourd’hui Président du Conseil national de l’alimentation), Aurélie FILIPPETTI (alors ministre de la Culture et de la Communication), Stéphane LE FOLL (alors ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt)

En bas de gauche à droite : Christian HERVY (maire de Chevilly-Larue, aujourd’hui décédé), Gérard COLLOMB (maire de Lyon), Jean GERMAIN (maire de Tours, aujourd’hui décédé), François REBSAMEN (maire de Dijon)

 

 Conférence de presse du lancement du Réseau des Cités de la Gastronomie – 19 juin 2013

Photo de gauche :  Aurélie FILIPPETTI (alors ministre de la Culture et de la Communication)

Photo de droite : Stéphane LE FOLL (alors ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt)

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