25 juillet 1963 – Georges POMPIDOU découvre les plans de la Faculté des Lettres de Tours au CESR

Le 25 juillet 1963, Georges POMPIDOU, alors Premier Ministre, fait une visite officielle à Tours. L’une des étapes de cette journée l’amène au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR), où il rencontre le directeur Pierre MESNARD, qui aurait déclaré : « ici la maison marche, et vous serez sans doute étonné que je ne vous demande rien » [Nouvelle République, 26 juillet 1963]. De cette journée nous reste une photographie sur laquelle on distingue, outre G. POMPIDOU et P. MESNARD : René-Georges THOMAS (Préfet d’Indre-et-Loire, IGAME), Jean ROYER (Député-Maire de Tours) et Gérald ANTOINE (Recteur de la nouvelle académie Orléans-Tours).

Tous sont réunis dans la salle Saint-Martin autour de plans et maquettes disposés sur la table. On en apprend davantage en consultant les archives de la Nouvelle République, dans l’édition datée du 26 juillet 1963. Ces plans sont en fait le projet de la future Faculté des Lettres de Tours, présenté au Premier Ministre par l’architecte Édouard ALBERT et le recteur Gérald ANTOINE. Ce dernier souligne à cette occasion le besoin urgent de structures d’accueil destinées aux étudiants dans un contexte de décentralisation universitaire. Le Maire Jean ROYER déclare également lors de cette journée « Tours veut aussi que sur le plan universitaire et sur le plan culturel, elle soit vraiment digne de son passé.

 

 

En 1594, la ville de Tours devait devenir ville universitaire. Ce titre lui fut finalement ravi par la ville de Poitiers. Je ne cherche pas à opposer aujourd’hui d’une manière artificielle des villes entre elles […] ; mais ce qui fut autrefois notre chance, il faut que ce soit la chance de notre temps. Il faut que Tours devienne elle aussi, sans gêner Orléans, une ville universitaire. Elle a déjà sa Faculté de Médecine et de Pharmacie […], elle prépare sa Faculté des Lettres ; elle va maintenant avoir à disposition un Collège Scientifique Universitaire, et puis l’Institut de Touraine d’une part, d’autre part l’École de Droit constituent deux autres fleurons excellents qui lui permettent d’espérer devenir une ville universitaire à part entière. Si je dis cela c’est parce que je suis profondément convaincu, non seulement en tant que maire mais en tant qu’ancien enseignant, qu’il n’est pas possible de développer l’économie d’une cité sans assurer du même coup et en même temps le développement des activités de l’esprit et le développement de la culture générale » [Nouvelle République, 26 juillet 1963].

Aucune mention n’est faite dans les archives sur le choix du CESR pour cette rencontre. Quelques éléments ont toutefois été mis en lumière par Jean-Pierre WILLIOT dans sa communication lors du colloque tenu à Tours en 2010 à l’occasion des 40 ans de l’université (Un passé pour quel avenir ? L’histoire des universités : quelles perspectives ?), qui porte précisément sur cette visite officielle. George POMPIDOU, normalien comme Pierre MESNARD, venait de publier son Anthologie de la poésie française (Hachette, 1961) dans laquelle il évoque très clairement le XVIe siècle et le Val de Loire. Ce passage a donc pu être souhaité par le Premier Ministre lui-même (comme J.-P. WILLIOT le rappelle, G. POMPIDOU veillait personnellement à ce genre de choix), il résulte dans tous les cas très certainement d’un intérêt pour les objets de recherche du Centre d’études supérieures de la Renaissance.

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