Octobre 2004 – 1er numéro de la lettre d’Alcofribas

C’est comme une renaissance de Rabelais : des lettres d’Alcofribas parviennent aux personnels de l’université !

En  1532, c’est sous le pseudonyme  Alcofribas Nasier qu’est publié le  Pantagruel de  François Rabelais qui s’est   fabriqué une anagramme : -ami lecteur tu peux vérifier ! Ce nom il l’utilisera à maintes reprises.

Notre université portant fièrement en 2004 le patronyme François-Rabelais, il avait semblé judicieux aux universitaires qui animaient les diverses sections syndicales SNESUP de l’université de donner le titre « lettre d’Alcofribas », nom un peu décalé et néanmoins familier à ce qu’ils souhaitaient pour  unifier le SNESUP sur l’ensemble du périmètre universitaire et resserrer les liens avec les collègues. Ainsi, au lieu de tracts,  répondant à des impératifs d’actualités revendicatives le plus souvent nationales et parfois locales, l’idée d’un lien plus régulier et familier avec les collègues apparaissait comme renouvelant l’identité syndicale.

L’incipit du premier numéro est  reproduit ci-dessous (voir aussi PJ1)

« La nouvelle aventure du bienaimé Alcofribas Nasier

Dans ces feuilles sans doute irrégulières, nous souhaitons donner un nouvel élan à la libre confrontation des idées. Bien peu de vives controverses, de propos francs,… animent notre communauté universitaire qui semble plombée d’une sorte de conformisme. Est-on très éloigné d’une scolastique, même si les formes proses en ce XXIème siècle diffèrent ? Et si nous tenions un peu plus de Rabelais ?

Notre propos n’est pas seulement de dire et  d’offrir un lieu d’expression pour des étonnements voire des colères parfois bien compréhensibles. Il s’agit de contribuer à un véritable et constructif brassage d’expériences et de paroles singulières, pour aire vire une authentique démocratie universitaire. »

Lettre Alcofribas n°1 d’octobre 2004

Le premier numéro est paru en Octobre 2004 peu avant les Etats Généraux de la recherche de Grenoble. La lettre n°100  (PJ2) sous la forme d’un pastiche de Rabelais est sortie peu après la visite de la ministre de l’enseignement supérieur à Panzoult (la Sybile de Panzoult est un chapitre du Quart Livre) à quelques kilomètres de Tours en 2018.

La collection de ces lettres est  une donnée tout à fait originale dans le paysage universitaire national. S’il existe pour les organisations syndicales nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche des publications à destination des adhérents et  désormais plus largement de tous les personnels, leur nombre est très limité (la plus ancienne collection est  celle du journal du SNESUP, son numéro 674 est sorti en avril 2019).  Le caractère continu de ces lettres qui mêlent des enjeux nationaux et locaux tant sur le plan de la pédagogie, des emplois, des locaux, des regroupements (PRES, ComUE,…) en font un moyen d’observation du monde universitaire ; elles sont d’ailleurs archivées  matériellement et numériquement afin  contribuer à la fois à l’information présente des personnels, comme aux analyses et études dans le champ des sciences sociales ou de la communication.

Les lettres d’Alcofribas, totalement indépendantes de la direction de l’université ont coexisté  avec de nombreuses formes- très souvent éphémères- de communication institutionnelle. Sans doute est-ce une des raisons de leur  très bon taux de lecture …aucunement corrélé avec l’influence syndicale locale du SNESUP –ce que doivent regretter les militants qui ont au fil des ans élaboré ces pages.

Depuis 15 ans, le SNESUP réussit à renouveler les contributeurs et relecteurs des Lettres autour de militants plus constants  dont   Florence Alazard,  Jean Fabbri qui ont porté et portent dans les instances de l’université l’expression syndicale. C’est de fait aussi un moyen de faire connaître les enjeux débattus dans les conseils, de tenter de faire vivre un pluralisme réel qui est au cœur –en théorie- de la collégialité.

Si le rythme des numéros est imprévisible, comme cela était annoncé dès le numéro 1,  sa diffusion s’est étendue. En 2004, c’était sous format papier diffusé par les militants du SNESUP, son succès a aidé au passage, comme pour toutes les expressions syndicales, au format électronique via les listes de diffusion de l’université dans les années suivantes. La lettre d’Alcofribas peut apparaitre comme une vitrine du pluralisme au sein de l’université : réalité ou illusion, chacun.e  a sans doute son idée sur la question. Une seule lettre, jusqu’ici, qui mettait en cause  le rôle d’une élue de la ville de Tours par ailleurs en lien avec des formations de l’université, a été bloquée par la « modération » exercée en amont de la diffusion électronique.

Lettre Alcofribas n°100 de mai 2018

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