1er février 2002 – Publication dans le journal BLOOD des chercheurs CARTRON, DACHEUX, SALLES, SOLAL-CELIGNY, BARDOS, COLOMBAT et WATIER

La publication « Therapeutic activity of humanized anti-CD20 monoclonal antibody and polymorphism in IgG Fc receptor FcgammaRIIIa gene. Blood. 2002; 99: 754-758. » de P. BARDOS, G. CARTRON, P. COLOMBAT, L. DACHEUX, G. SALLES, P. SOLAL-CELIGNY et H. WATIER est paru le 1er février 2002 dans le journal scientifique BLOOD. Cette publication est une étude ancillaire (recherche translationnelle) menée sur des échantillons biologiques provenant d’une étude clinique qui avait été en partie menée au CHU de Tours et qui avait été publiée l’année précédente (P. COLOMBAT et al. BLOOD. 2001; 97: 101-6). Cette étude clinique évaluait l’activité thérapeutique d’un anticorps, le rituximab, alors récemment mis sur le marché (1998) et qui était l’un des premiers anticorps monoclonaux recombinants. La publication de l’article de 2002 était accompagnée d’un éditorial (MALONEY D.G. Another piece of the puzzle. Blood 2002; 99: 729-730) et d’un communiqué de l’agence Reuters Santé, car c’était la première fois qu’était identifié un facteur génétique associé à la réponse thérapeutique au rituximab. Les résultats ont été confirmés dès l’année suivante par une équipe américaine sur leur cohorte de patients, puis par l’équipe de Tours et d’autres pour d’autres anticorps.
Le retentissement international de ce travail pionnier a été considérable. Son impact peut se mesurer au nombre de citations,: elles sont aujourd’hui au nombre de 1927 (Google Scholar) et sont toujours en progression (76 sur la seule année 2018 soit 16 ans après sa publication). Cette publication a été menée par un enseignant contractuel de la Faculté de Médecine (Guillaume CARTRON) et un étudiant de la Faculté de Pharmacie (Laurent DACHEUX), sous la supervision d’Hervé WATIER. Le polymorphisme du gène FCGR3A (codant Fc?RIIIA) est encore aujourd’hui le seul facteur génétique indubitablement associé à la réponse au rituximab et à d’autres anticorps thérapeutiques ayant pour effet de détruire des cibles cellulaires, par un mécanisme dit d’ADCC (cytotoxicité cellulaire dépendante d’anticorps). L’influence du polymorphisme sur l’ADCC a d’ailleurs été démontrée in vitro par notre équipe deux ans plus tard (Dall’Ozzo S et al Cancer Res. 2004 ;64:4664-4669, article cité 410 fois).  Ces données sont considérées comme témoignant de l’intervention de ce mécanisme dans le mode d’action des anticorps chez l’homme. Cet article a contribué au développement d’anticorps améliorés pour leur liaison à Fc?RIIIA, dotés d’une plus forte activité cytotoxique. Les premiers sont arrivés sur le marché à partir de 2013, en particulier l’obinutuzumab. Quinze ans après cette publication phare, le journal BLOOD a demandé aux deux principaux auteurs du papier de 2002 de discuter des résultats de l’obinutuzumab à la lumière de ces travaux princeps (G. CARTRON et H. WATIER; BLOOD. 2017; 130: 581-589).
Localement, c’est sur la base de ces travaux qu’a été créée l’EA3853 IPGA (2004-2007), qui fut l’une des équipes ayant constitué le GICC en 2008. En outre, ces travaux ont permis de remporter l’Appel d’offre Inserm/Ministère de 2001 ayant abouti à la création du Centre de Ressources Biologiques de Touraine, qui existe toujours. La légitimité tirée de ce travail et de ceux qui l’ont suivi ont également abouti à la mise en place de réseaux ou de programme de recherche pilotés par Tours et qui font que l’Université est aujourd’hui reconnue pour son leadership dans le domaine des anticorps thérapeutiques et plus généralement des biomédicaments, avec tous les enjeux scientifiques, médicaux et industriels que cela représente, notamment pour le territoire de la région Centre-Val-de-Loire : – Réseau structurant MAbImpact du Cancéropôle Grand Ouest (2006-2008, financement INCa 1,2 M€) – Bio3 Institute – Programme régional ARD2020 Biomédicaments (2014-2016, 7 M€, puis 2017-2019, 9,2 M€), incluant le programme BIO-S avec Servier, et auquel il faut ajouter les financements FEDER (2,8 M€) et CPER (5 M€). – GDR CNRS 3249 « Anticorps et Ciblage thérapeutique » (2009-2012 puis 2013-1016) – LabEx MAbImprove Tours-Montpellier (2011-2019, 8 M€, renouvelé pour 2020-2024, 4 M€)

Publication dans le journal Blood en 2002

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