1987 – Parution du Dictionnaire des communes de Touraine, apothéose de l’école de géographie de Tours

L’histoire de la Géographie à Tours est complexe et tumultueuse :

– d’abord isolée au sein du Collège Littéraire Universitaire (CLU), très liée à Poitiers et Orléans ;

– puis rattachée en 1971 à l’UER AGI (Aménagement-Géographie-Informatique) durant un mariage voulu, contraint ou forcé ;

– puis à nouveau isolée en 1991 à l’Ecole Normale d’instituteurs de Tours (site Loire) dominant la Loire ;

– rattachée la même année à l’UFR de Droit et Sciences Economiques qui se délocalise le 13 janvier 1995 sur le nouveau campus des Deux-Lions fraîchement remblayé sur le Cher.

– intégrée dans l’UMR Citeres fondée en 2004.

Cette histoire est ponctuée de moments forts comme l’Atelier de Cartographie et l’Atlas de la Région Centre.

En 1987, l’école de Géographie tourangelle publie, sous la houlette de Jean-Mary COUDERC et Alain SCHULE, le Dictionnaire des Communes d’Indre-et-Loire chez l’éditeur tourangeau CLD, un inestimable instrument encyclopédique dans lequel la géographie physique, l’hydrologie, la pédologie, la géologie, l’écologie (période des ZNIEFF), la démographie, l’histoire, l’architecture et les traditions font bon ménage pour toutes les communes d’Indre-et-Loire. C’est un « monument » quasi unique en France et toujours source d’intérêts et de recherches bibliographiques. C’est le fruit, l’aboutissement, presque l’apothéose, d’une longue et parfois tumultueuse histoire de la Géographie à Tours, associée longtemps à Orléans, reliée à tout le Centre-Ouest (Le Mans, Caen, Rouen, Rennes, Nantes, Angers, Poitiers, Limoges). Cette histoire universitaire et associative (Institut, Centre d’Etudes Supérieures Ligériennes, Société de Géographie de Tours) est racontée chronologiquement, année après année, durant 15 ans dans la revue Norois par deux grands maîtres de la géographie physique et humaine, Paul FENELON dans les « Chroniques de L’Institut de Géographie Tours-Orléans (ou Val de Loire) », et Yves BABONAUX dans les « Chroniques ligériennes », prolongés par leurs successeurs, soit une histoire chroniquée durant 25 ans ! C’est aussi le lien étroit avec Les Cahiers de la Loire Moyenne, organe commun de la Société de Géographie de Tours et de l’Institut, puis du CESA (Centre d’études supérieures en aménagement), ou encore la revue toujours éditée à Orléans Les Etudes ligériennes.

Quoi de mieux que de remonter aux sources de 1962 à 1972 et glaner les germes du Dictionnaire des Communes de Touraine dans Norois autour des débuts, d’une réforme, et d’évènements bien connus en 1968/69/70, les moments forts de cette aventure qui conduiront 10 ans plus tard à cette publication.

Ce texte, qui prend la forme d’annales allant de 1962 à 1972, retrace la formation du département de géographie de l’université de Tours, à partir des chroniques parues dans la revue Norois.

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1962-1963

A la rentrée d’octobre 1963, les effectifs de l’Institut de Géographie de Tours ont marqué un très sensible progrès, passant de 26 étudiants en 1961/62, à 76 en 1962, et plus de 130 en octobre 1963. Une étude géographique montre qu’ils proviennent surtout de Touraine, mais également de toutes les villes alentours : Le Mans, Chartres, Blois, Orléans, Châteauroux, Bourges, Nevers. Ainsi le but recherché paraît atteint : retirer quelques étudiants à la Sorbonne pour les attirer vers des universités provinciales. Grâce au dévouement de Jean DELVERT, professeur à la Sorbonne, de Roger COQUE, maître de conférences à Poitiers, de Pierre LEVEEL, historien, professeur agrégé au lycée de Tours, et de Régis MAURY, agrégé de Géographie, la plupart des questions inscrites aux programmes de l’Institut de Géographie de Poitiers sont préparées à Tours. La Direction Générale de l’Enseignement Supérieur du Ministère accorde en novembre 1963 un poste, mais il ne peut être pourvu qu’à la rentrée d’octobre 1964.

Grâce aux crédits accordés par le directeur du Collègue Littéraire universitaire (CLU) et le Directeur Général de l’Enseignement Supérieur, on procède à un début d’équipement de l’Institut : bibliothèque du regretté Charles ROBEQUAIN, acquisition de la collection de la Géographie universelle et des Annales de Géographie depuis 1930. Sur l’initiative de Melle M. FONCIN, la Bibliothèque Nationale fait don de près de 2000 cartes. De nombreux collègues ont également adressé tirés-à-part, cartes et ouvrages. S’ajoute un abondant matériel audiovisuel, des collections de roches (aujourd’hui dispersées) et de diapositives (aujourd’hui jaunies), des appareils destinés au futur Laboratoire de Géographie Physique (qui déménage sans cesse : salle commune CESA/Géo avec sa paillasse, son herbier). Déjà se préparent à Tours, dans le cadre de la Faculté des Lettres tutrice, plusieurs diplômes d’Études Supérieures sur la Géographie agricole des Petites Brandes poitevines (Mme PAPY), sur la structure agraire d’Angrie en Maine-et-Loire (M. LARDEUX), sur le tourisme à l’île de Ré (Melle FABRE), sur les communes périphériques de Tours (M. PORTAIS) et sur l’évolution du paysage rural autour de Poitiers (M. BOISSONNET). Jean-Mary COUDERC, alors agrégé de Géographie, commence une thèse intéressante pour les naturalistes et dont on peut voir le fruit dans ce fameux dictionnaire, sur les sols et les forêts de la Gâtine tourangelle. De nombreuses tâches s’ajoutent : concours des CAPET, CAPES, entrée à l’ENS de Fontenay-aux-Roses, travaux de la Section de Géographie au Congrès des Société Savantes du Centre Ouest en 1963 à Tours, présidence de la Commission des phénomènes karstiques du Comité National de Géographie, projet de création du Centre d’Études Supérieures du Karst à Vallon-Pont-d’Arc, projet de Centre d’Études Supérieures Ligériennes à Orléans, journées géographiques de 1963 à Paris, 44ème excursion géographique interuniversitaire dans le Diois et les Baronnies, jubilé des 25 ans d’Enseignement Supérieur du Professeur MEYNIER à Rennes, participation au Colloque de spéléologie et de Karstologie d’Athènes avec une communication sur l’origine des argiles de décalcification, secrétariat de la revue Norois soutenue par le Recteur d’Orléans et le Conseil de l’Université, participation comme président à l’organisation d’une Régionale des Professeurs d’Histoire et de Géographie de l’Académie du Val de Loire. Cette activité montre le bien-fondé de la création d’une Faculté des Lettres et des Arts à Tours avec un personnel suffisant ; c’est pourquoi il est demandé pour la rentrée d’octobre 1964 un poste de collaborateur technique, dans l’attente d’autres postes.

1965

Le nombre des étudiants de l’Institut de Géographie de Tours continue de croître : plus de 260 en 1964-65, dont 90 en Propédeutique à Tours. Grâce à la compréhension des directeurs de l’Institut de Touraine et du Collège Littéraire Universitaire, le Département de Géographie est suffisamment pourvu en salles de cours, soit dans les bâtiments de l’Hôtel Torterue, soit dans ceux de la rue Léonard-de-Vinci. Deux pièces, accordées par M. LEAUD et Jacques ROGER, permettant de stocker cartes et matériel, octroyés par la Direction de l’Enseignement Supérieur, par les collectivités locales, le Conseil Général et le Conseil Municipal. A Orléans, également sous l’impulsion du recteur Antoine, du directeur Philippe VIGIER et du directeur adjoint M. BOUDET, l’option Géographie, a pris un très bon départ. Tout est à créer, comme à Tours. A Orléans le campus est installé loin du centre de la ville, à la différence de Tours où Jean ROYER envisage l’installation dans le parc de Grandmont, plus proche du centre-ville.

La maîtrise-assistanale créée en 1964 est pourvue d’un titulaire, Yves BABONAUX, spécialiste des pays de la Loire. Après plus de quinze ans de dévouement à la cause du Collège Littéraire Universitaire, Pierre LEVEEL se consacre exclusivement aux classes terminales et à la préparation aux Grandes écoles du lycée Descartes. Comme en 1964, Roger COQUE, maître de Conférences à la Faculté des Lettres de Poitiers, vient parler de géomorphologie, d’autant qu’il contribue à maintenir des liens étroits avec les deux universités qui ont donné naissance à celle d’Orléans-Tours.

L’Institut de Géographie de Tours est très lié à celui des autres Instituts de France et de l’étranger. Pour y faire face, le CNRS accorde un poste à mi-temps de documentaliste. Depuis octobre 1965, la Direction de l’Enseignement supérieur crée un poste de collaborateur-technique : Michel PORTAIS est recruté. Enfin, le rectorat d’Orléans désigne Michel LAURENCIN, comme moniteur.

A côté du Centre d’Études Supérieures littéraires d’Orléans-la-Source, est prévue la création d’un Centre d’Études Supérieures ligériennes (CESL), bien accueilli par la Direction de l’Enseignement Supérieur. Cependant le CESL ne peut être créé officiellement que s’il y a à Tours une Faculté des Lettres avec un Institut de Géographie pour assurer la tutelle pédagogique et scientifique. En attendant, sous l’impulsion de Louis MONNIER, directeur des Archives départementales du Loiret, et de M. DE LA VILLE D’AVRAY, secrétaire général du rectorat, grâce au soutien du recteur ANTOINE et avec le concours de personnalités tourangelles (M. PEZET et Yves BABONAUX), une Association pour la création du Centre a été organisée.

En juin 1965, pour la première fois, tous les certificats de Géographie se passent dans l’enceinte du Collège Littéraire Universitaire.

1966

Le nombre des étudiants préparant les concours s’est très sensiblement accru, passant d’une dizaine à plus de 30 : de 120 à 180 en Licence Ancien Régime, semblable à l’accroissement des effectifs de la Faculté qui passe de 1800 à 2 600 étudiants. Par contre, en négligeant les historiens qui ne sont tenus qu’à un horaire réduit de Géographie physique et de Géographie humaine, les géographes inscrits en première année du premier cycle sont moins nombreux : une soixantaine à Tours, une trentaine à Orléans.

Grâce à Jean ROYER et à Jacques ROGER, doyen de la toute nouvelle Faculté des Lettres, les géographes obtiennent un vaste local au deuxième étage de l’ancienne Trésorerie, Place de la Liberté. Remis en état par Pierre BOILLE, architecte de la ville, il peut contenir les diverses collections, ainsi qu’un petit laboratoire.

Yves BABONAUX figure maintenant parmi les plus anciens maîtres de la Faculté des Lettres à cause de sa parfaite connaissance des pays de la Loire. La première Maîtrise Assistanale laissée disponible par la nomination de Bernard BOMER comme chargé d’enseignement, et la création d’une seconde Maîtrise Assistanale, ont permis à deux jeunes collègues, Michel SIEPER et Jean PROVEUX d’arriver. Michel SIEPER, agrégé de Géographie au Lycée Descartes, a été chargé des travaux pratiques de Géographie générale, des travaux dirigés de Géographie régionale et de Géographie physique, des travaux pratiques de Géographie humaine. Jean PROVEUX, agrégé de Géographie au lycée Lakanal de Sceaux, a pris en main la direction des travaux pratiques de Géographie régionale Ancien Régime, de Géographie physique et de Géographie humaine. Il veille aux abonnements et réabonnements des revues (à noter que ce fonds documentaire important sera coupé en deux au moment du divorce entre la Géographie et le CESA). Régis MAURY, directeur d’études au Centre de préparation au Professorat des CEG, continue à assurer les travaux pratiques de Géographie physique. Il prépare une thèse de Doctorat d’Etat sur la vie rurale en Touraine et sur la Géomorphologie de la Touraine méridionale. Jean-Mary COUDERC, Alain SCHULE et M. VEYRE, agrégés de Géographie, ajoutent à leur service normal dans les lycées de Tours des cours à l’Institut de Géographie.

A Orléans-La Source, où le CESL s’est mué en CLU à la rentrée d’octobre 1966, M. BRAQUE, agrégé de Géographie, mais au lycée de Nevers, prépare sous la direction de Max DERRUAU, une thèse pour le Doctorat d’Etat sur la morphologie et la biogéographie du Nivernais.

A l’invitation de Pierre MESNARD, directeur du CESR à Tours, Paul FENELON fait une conférence sur l’apport du Nouveau Continent dans le règne animal et végétal du continent européen. Mais ses interventions pour la création d’un Centre d’Études Supérieures Ligériennes ont connu moins de succès : le départ à Bordeaux de Louis MONNIER (créateur de l’Association pour le développement de ce centre), la renonciation à un soutien possible par la Direction des Enseignements Supérieurs, celui du CNRS… obligent à remettre à plus tard l’organisation effective du CESL. Toutefois, pour essayer de prouver qu’il se justifie, des Cahiers ligériens, où collaborent universitaires et techniciens, sont prévus.

Ainsi, en 1966, l’Institut de Géographie du Val de Loire, prend sa vitesse de croisière dans l’attente d’occuper un étage élevé dans les futurs bâtiments de la Faculté prévue en bordure de Loire, les Tanneurs.

1967

L’année écoulée a été marquée, à Tours comme ailleurs, par la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement supérieur. Dès le mois d’octobre 1966 a débuté la première année du premier cycle ; en octobre 1966 disparaissent les certificats de licence d’Ancien Régime et à leur place s’organisent non seulement la deuxième année de premier cycle, mais également la préparation aux certificats L, C1 et C2 avec la maîtrise spécialisée. Seuls les concours du CAPES et de l’Agrégation conservent leurs modes traditionnels avec leurs programmes habituels. Sans doute une telle modification dans les emplois du temps, dans les cours et dans la répartition des travaux n’a pu être effectuée sans difficulté, ni sans quelques heurts, d’autant qu’il faut harmoniser les activités des géographes avec celles des historiens. Pour la première fois la Géographie accède en effet à la complète égalité, sinon à son entière indépendance, à l’égard de l’Histoire. Depuis son entrée dans l’enseignement Supérieur, elle souffrait de ses origines, de l’époque où on ne la considérait que comme une science auxiliaire de la connaissance du passé. La création d’un Certificat C2, avec comme programme « Les pays ligériens », doit être l’amorce d’un futur CESL. Un très gros afflux d’étudiants historiens et géographes arrive en premier cycle, au moins 300 pour Tours et 150 à 160 pour Orléans. Aux quatre Certificats Cl qui ont été accordés (Géographie agraire, Géographie urbaine, Géomorphologie et la France), s’ajoute le Certificat C2, qui permet d’accéder à la maîtrise. 32 étudiants ont choisi des mémoires de Géographie et tout spécialement sur les Pays ligériens.

Le corps enseignant de l’Institut de Géographie du Val de Loire se divise alors en deux groupes : celui de Tours et celui d’Orléans-La Source. A Tours il comprend un professeur titulaire de chaire (Paul FENELON), un Maitre de Conférences (Yves BABONAUX) et un chargé d’enseignement (Bernard BOMER). Aux deux anciens Assistants (Jean PROVEUX et Michel SIEPER) est venu s’ajouter Alain SCHULE, agrégé de Géographie, détaché du lycée de Grandmont. Mais c’est très insuffisant pour appliquer la réforme, et Jean-Mary COUDERC n’a pas obtenu son détachement à la rentrée d’octobre 1967. On doit donc recourir à son dévouement et à quatre autres collègues, également agrégés de Géographie, Régis MAURY et P. VEYRE, directeurs d’études à l’Ecole normale d’instituteurs, Paul BACHELARD et Jean DEBON, professeurs au lycée de Tours et Pierre GILLARDOT, Professeur au lycée de Blois.

En outre, la nomination d’un hydrologue à Orléans aurait dû donner une nouvelle impulsion au projet de création d’un Centre d’Etudes Supérieures Ligériennes. Sous la présidence de Louis MONNIER, Conservateur en chef des Archives de France, et grâce à Yves BABONAUX, Secrétaire général, l’Association pour le développement de ce Centre continue à recevoir l’aide financière des collectivités locales. De sorte qu’eurent lieu en 1967 quelques progrès sensibles. De Roger SECRETAIN, maire d’Orléans, les géographes ont obtenu un local à La Source, sans compter l’appui du recteur ANTOINE. Y sont entreposés les stocks des Etudes Ligériennes dont les géographes de Tours et Orléans assurent la direction afin de montrer que non seulement ils peuvent publier des études sur la Loire et ses affluents, mais qu’ils ont également établi des liens étroits entre techniciens et universitaires des régions ligériennes. Près de 30 étudiants avancés se consacrent à des travaux de recherche sur les pays ligériens. Matériellement, financièrement et même du point de vue personnel, le CESL est prêt à prendre son essor. Il n’y manque plus que l’autorisation de la Section Permanente du Conseil de l’Enseignement Supérieur ou bien l’inclusion de son programme au titre du CNRS dans le VIe plan.

Avec l’appui moral et financier du doyen Jacques Roger, du directeur Philippe VIGIER et des membres du Conseil de Faculté, l’Institut de Géographie continue à se développer. Le local à Tours ne suffit plus. Les conditions matérielles sont difficiles. Les déclarations de l’architecte ALBERT laissent toutefois entrevoir, à l’étage le plus élevé de la future Faculté sur les bords de Loire, pour octobre 1969, de vastes logis adaptés, équilibre entre Histoire et Géographie réalisé dans une harmonieuse entente, dans l’espoir que le CESL soit enfin devenu une réalité.

1970

Lors de la création de la Faculté des Lettres de Tours, en 1964, on envisageait comme durable l’unité de l’enseignement de la Géographie dans le territoire de l’Académie d’Orléans, du confluent de l’Allier aux abords de l’Anjou, avec sur le site de La Source, à Orléans, une section complémentaire de celle de la rue de La Grandière à Tours. Ainsi se justifiait le titre général d’Institut de Géographie du Val de Loire. Mais les conséquences des évènements de mai 1968 et la volonté de croissance des deux principales villes de l’Académie en ont décidé autrement ; deux Instituts de Géographie indépendants, l’un à Orléans-La Source, l’autre à Tours sont finalement décidés, puisque deux universités sont décidées avec pour seul lien le Chancelier-Recteur. Ainsi, malgré les cours communs, chaque section aura sa destinée propre, son nom particulier.

A Tours, l’Institut de Géographie continue à fonctionner comme par le passé avec la gamme complète des trois cycles. La direction en est assurée par Yves BABONAUX jusqu’en octobre 1969 ; mais sa nomination à la Sorbonne, l’oblige à abandonner cette lourde tâche. Il continue à remplir un double emploi du temps, à Paris et à Tours.

Dans la perspective d’une future UER, il est envisagé de grouper, autour de la Géographie tourangelle, la Géologie et l’Histoire. Les réticences historiennes font abandonner ce projet. Yves BABONAUX l’a repris au profit d’un Institut d’Aménagement du Territoire pluridisciplinaire (Géographie, Géologie, Ecologie, Economie politique, Démographie, Sociologie, Urbanisme, Informatique, Langues…) : c’est le CESA (Centre d’études supérieures en aménagement). Ouvert en novembre 1969 et subventionné par la DATAR, le CESA, qui compte déjà une cinquantaine d’étudiants, délivre, après deux ans d’études et 8 mois de stage, un diplôme de technicien supérieur ; il doit permettre ainsi à un certain nombre de jeunes gens de trouver de bonnes situations. A la suite de la démission de Yves BABONAUX, Bernard BOMER a été chargé, à l’unanimité, de la direction de la Section. Il a été également élu à l’Assemblée constitutive de l’Université de Tours.

1971

Après un an d’application de la loi d’Orientation, la section tourangelle du défunt Institut de Géographie du Val de Loire est entrée, sous la dénomination de Département de Géographie, dans le cadre de la Faculté d’Aménagement-Géographie-Informatique (AGI) de l’Université de Tours. Un seul lien rattache maintenant Tours à Orléans, le Recteur de l’Académie, promu Chancelier des deux Universités. L’Institut de Géographie conserve sa pleine autonomie avec un Chef de Section, un conseil restreint aux enseignants et un conseil paritaire où les étudiants sont en principe en nombre égal aux enseignants. Par ailleurs la collaboration avec la Section d’Histoire de la Faculté des Sciences de l’Homme (actuelle UFR ASH) reste aussi étroite que par le passé. Les locaux restent toutefois aussi exigus que par le passé. Si, en 1966-67, ils parurent un grand progrès comparé aux petites pièces que nous concédait l’Institut de Touraine, à la longue ils se sont dégradés. Il n’est plus question de rejoindre le site des Tanneurs ; les géographes sont installés dans les préfabriqués de Grandmont, évacués par les disciplines littéraires qui vont aux Tanneurs.

En 1970, au moment de la création de l’Université, le corps enseignant comprend : Paul FENELON, Bernard BOMER, Jean BISSON, M. VERRIERE, Jean-Mary COUDERC, Jean PROVEUX, Michel SIEPER, Régis MAURY, Jean DEBON, M. CLEMENT, M. VERGNAUD, M. KLEINBAUER, Jean DELVERT, Paul BACHELARD, Alain SCHULE et M. VEYRE.

Jean-Mary COUDERC (à droite) aux côtés de François-Olivier TOUATI (à gauche), lors de la conférence « Grands témoins de l’université » le 7 février 2014

Yves BABONAUX et Pierre BACHELARD

 

Jean PROVEUX et Michel SIEPER

1972

Le fait le plus marquant de l’année 1972 pour l’Institut de Géographie de Tours, désormais dénommé Département, est son transfert du local de la rue Rabelais dans les préfabriqués du Parc de Grandmont près des Scientifiques. Le vaste grenier, remis en état dans l’ancienne Trésorerie par les soins de la ville de Tours, avait paru au début une nette amélioration par rapport à l’Institut de Touraine. Mais à la longue… Certes, les bâtiments préfabriqués mis à disposition au Parc de Grandmont ne sont pas sans inconvénients : leur éloignement du centre de la ville, les abords plus ou moins défectueux selon la saison, les allées et venues par temps de pluie ou de neige entre les divers locaux. Mais les géographes disposent désormais d’espace, d’arbres, de bureaux presque individuels et de salles spécialisées. Le corps professoral s’est accru d’un jeune collègue ; Jean-François TROIN qui a quitté Rabat pour Tours et qui travaille sur la géographie urbaine du Maroc. Ce sera bientôt les débuts d’URBAMA.

Après avoir terminé sa thèse sur la géomorphologie du Bassin de l’Ebre, Bernard BOMER a pris en main la direction de l’UER Aménagement-Géographie-Informatique. Il a remplacé René BENOÎT qui avait, pendant deux ans, mis sur pied, d’une manière habile et courageuse, cette association de Géographes, d’Aménageurs et d’Informaticiens.

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