18 janvier 2006 – Parution d'un article important sur le LIPIDOME, un indicateur potentiel de risque de cancer du sein lié à l'alimentation

L’équipe N2C… presque au complet (janvier 2019)

C’est le 18 janvier 2006 que la revue Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention publie un article important et très remarqué de l’équipe INSERM U1069 (à l’époque 211) «Nutrition, croissance et cancer » de l’université de Tours :

Bougnoux P, Giraudeau B, Couet C. Diet, cancer and the lipidome. Cancer Epidemiol, Biomarkers & Prev 15(3):416-21, 2006.

L’équipe de Philippe BOUGNOUX examine le profil lipidique du tissu adipeux de patientes et définit la notion de lipidome, véritable carte des différents acides gras présents dans le tissu adipeux, reflet à la fois qualitatif des lipides consommés et des interactions complexes entre différents acides gras du tissu adipeux. Les auteurs montrent qu’il s’agit d’un indicateur potentiel de risque de cancer du sein lié à l’alimentation. Ce concept pourrait, sur la base de rééquilibrages du régime alimentaire, permettre de retarder l’apparition de cancer du sein. 329 femmes présentant une tumeur du sein ont été suivies lors de cette étude. De l’analyse du tissu adipeux blanc, il apparaît que la diminution du risque de cancer du sein est associée à un faible rapport entre les taux d’acides gras polyinsaturés oméga 6 et oméga 3 en présence d’un taux élevé d’acide gras monoinsaturés.

Cette étude démontre toute l’importance de considérer les interactions complexes entre lipides de manière globale dans les études d’associations avec des risques de cancer du sein. Ainsi, un unique acide gras ne peut, à lui seul, être considéré comme un biomarqueur indépendant de risque de cancer du sein. Cette complexité est encore supportée par l’incapacité relative des interventions nutritionnelles ciblées sur un seul acide gras ou une classe d’acides gras à réduire la fréquence d’apparition des tumeurs mammaires chimio-induites chez le rat. L’équipe a donc proposé la mise au point d’une variable statistique, intégrant différents paramètres relatifs à 23 acides gras. Par analogie avec les termes de génome, protéome, ce lipidome, biomarqueur « composite » doit caractériser un profil lipidique qui peut être altéré par une intervention sur le régime alimentaire. Si les enquêtes cancer/alimentation ont mis en évidence des profils alimentaires protecteurs (plus de fruits, légumes, poisson, moins de viandes rouges, moins de calories, moins de lipides), ces travaux analysent comment l’équilibre de certains nutriments (les acides gras du tissu adipeux) peut rendre compte des profils alimentaires protecteurs.

En conclusion, les chercheurs estiment qu’il est nécessaire, pour valider l’existence d’un lien éventuel entre la présence de ce biomarqueur et l’apparition d’un cancer, de mener, en parallèle, des études expérimentales sur l’animal et l’homme. Ce modèle de lipidome a un potentiel très important ; s’il se révèle pertinent, il permettrait non seulement une meilleure compréhension des relations entre alimentation et cancer mais aussi une identification aisée des femmes à risque de cancer du sein, risque modifiable par un changement des habitudes alimentaires.

Source: FUTURA, https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-lipidomeevaluer-part-modifiable-risque-cancer-sein-8486/


Article en anglais sur le Lipidome

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