17 décembre 1970 – Première équipe présidentielle à l’université de Tours

L’université vient d’être officiellement créée par un décret du 17 décembre 1970.

Il n’existait que deux instances : le conseil de l’université et la présidence composée de trois enseignants (dont le président) et deux étudiants.

Il faut noter que le vice-président André GORGUES était Maître-assistant. A ce titre, il représentait un des collèges électoraux (enseignants de rang B) obligatoirement représenté dans l’équipe présidentielle. Les deux étudiants sont tous les deux des vice-présidents de l’Université.

La question des collèges électoraux fut une contrainte forte pour l’élection du président BODY, mais plus en amont dans la définition des UER (Unités d’enseignement et de recherche, correspondant à des facultés) et dans la distribution des sièges à pourvoir dans les élections au conseil d’université.

La très jeune université de Tours était déséquilibrée par le choix de distribuer entre Orléans et Tours les différentes facultés. Sous le nom « université d’Orléans-Tours », le recteur Gérald ANTOINE avait fait le choix de doter Orléans d’une Faculté des Sciences et d’une Faculté de Droit. Tours obtenait la Faculté des Lettres et la Faculté de Médecine-Pharmacie. Cette dernière comportait un nombre important de professeurs titulaires et des effectifs étudiants importants. La Faculté des Lettres accueillait beaucoup de jeunes enseignants-chercheurs qui n’avaient pas encore atteint le niveau de professeur titulaire. Après 1968, de nombreux possibles professeurs rejoignirent leurs équipes dans les universités créées à Paris, ce qui accrut le déséquilibre. Le collèges scientifique universitaire (CSU) était, lui aussi, peu doté en enseignants de rang magistral. Quant à ce qui allait devenir l’UER de Droit, c’était un collège universitaire avec deux enseignants, Michel TROCHU et André GORGUES. Choix encore plus restreint au Centre d’études supérieures de la Renaissance et à l’IUT qui ne comptaient chacun qu’un professeur de rang magistral.

Confier la présidence de l’assemblée constitutive de la nouvelle université à un juriste, Michel TROCHU, était le moyen de ne la confier ni aux médecins, ni aux littéraires. Ses compétences juridiques rendaient la chose logique et cette présidence d’une institution temporaire était un bon tremplin pour aboutir à ce qu’un représentant du Droit devienne président de l’université, permettant de ne pas devoir choisir entre médecins et littéraires.

L’élection du président devint compliquée quand le professeur TROCHU annonça qu’il ne se présenterait pas à la présidence parce qu’il allait être candidat sur la liste de Jean ROYER aux municipales qui se préparaient et était pressenti pour être son adjoint. Il faut dire ici qu’outre les contraintes d’emploi du temps, un président tout proche de Jean ROYER aurait été bien mal à l’aise dans l’université. Nombre de professeurs de médecine avaient soutenu diverses initiatives culturelles pour amoindrir les effets du rigorisme de Jean ROYER, l’intersyndicale était très fortement représentée dans les UER des Lettres, des Sciences et les six représentants des personnels non-enseignants (on disait alors PATOS, personnels administratifs, ouvriers et de service) étaient militants à la Fédération de l’Education Nationale (FEN), au SGEN-CFDT ou à la CGT. Cette orientation « à gauche » aurait rendu la charge presque intenable à un proche de Jean ROYER.

Jacques BODY accepta d’être le candidat de l’intersyndicale. Mais son statut posait un problème. Il n’était pas encore professeur titulaire, et de ce fait le conseil devait prendre une délibération à la majorité des deux-tiers pour autoriser une dérogation à la loi qui prévoyait que le président soit élu parmi les professeurs titulaires membres du conseil. A une majorité confortable, il fut bien élu président, mais il manqua une voix pour atteindre la majorité qualifiée des deux tiers. Par chance on savait que le représentant de la CFDT devait arriver un peu plus tard. La voix manquante arriva après une suspension de séance.

L’équipe présidentielle comportant trois enseignants accueillit donc, en plus du littéraire élu président, un représentant du droit et un des sciences.

Janvier 1971 : premier conseil d’administration / De gauche à droite, le professeur VERRON, Gérard MATHIEU (vice-président étudiant), Jacques BODY (1er président de l’université), Daniel GALLET (étudiant) et le professeur André GORGUES.

Crédit photo : La Nouvelle République, Gérard PROUST

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